La start-up parisienne NoFilter propose des jus de fruits et légumes issus de produits déclassés. Afin de prouver la bonne foi de sa démarche, elle rend aussi publique sa structure de coûts : 57 centimes vont aux agriculteurs et transformateurs, 26 centimes pour le packaging, 11 centimes de transport et 38 centimes de marge sur un prix de vente de 1,32 euro hors taxes aux distributeurs.
Son fondateur, Marin Mulliez, 28 ans, est diplômé du master Grande Ecole de l’ESCP Paris. Parti travailler à San Francisco, il découvre le monde de l’alimentation responsable où il travaille en tant que responsable du développement de nouveaux produits à base de chair de coco. Une fois retourné en France, il souhaite valoriser l’expérience acquise aux Etats-Unis et fonde NoFilter.
« NoFilter valorise les écarts de tri des agriculteurs français, ces fruits et légumes mis de côté́ pour leur apparence. NoFilter accompagne aussi ses producteurs partenaires dans leur conversion vers une agriculture raisonnée ou biologique », explique-t-il.
La marque est allée à la rencontre des agriculteurs afin de définir leurs besoins et les problématiques auxquelles ils font face. C’est en Touraine qu’il pose ensuite ses valises après sa rencontre avec Bastien Debruyn, avec qu'il travaille aujourd’hui sur la transformation des fruits et légumes en jus. « Afin de limiter notre empreinte environnementale, nous avons identifié des producteurs de tomates, de pommes et de carottes à proximité de l’atelier. Tous sont à moins de 200 km de Tours et nous travaillons ensemble pour trouver les meilleures solutions de valorisation à leurs écarts de tri ou à leurs surplus, tout en les soutenant dans leur transition écologique. »
NoFilter a signé des conventions de partenariat avec une vingtaine d’agriculteurs dans les Pays de la Loire et en région Centre. « Nous sommes en cours de signature avec l’AOP Tomates de France, ce qui nous permettrait à terme de nous engager sur l’ensemble du territoire français », précise-t-il. « Nos agriculteurs sont nos partenaires sur le long terme, ce qui nous permet d’avoir une bonne visibilité sur les volumes de fruits et légumes à valoriser, de réfléchir aux prix les plus justes pour leur garantir une vie décente et de mettre en place des modes de production de plus en plus raisonnés comme l’agriculture bio. »
Les recettes ont été élaborées en fonction des fruits et légumes dont les volumes gaspillés tous les ans étaient élevés (la pomme, la tomate et la carotte).
« Après avoir identifié les problématiques spécifiques à l’industrie agro-alimentaire, après avoir vu de mes propres yeux ce qui se passait à la source, chez les agriculteurs, je me suis rendu compte que nous faisions face à une boîte noire. La réalité du gaspillage alimentaire n’est pas belle à voir. La situation de la plupart des agriculteurs est difficile. Nous souhaitons donc rendre toutes nos actions publiques et cela commence par notre structure de coûts, qui permet aux gens de se rendre compte de ce qu’ils achètent. Nous sommes sans filtre, nous n’avons pas peur de dire les choses et nous comptons sur l’optimisme et la volonté du plus grand nombre pour faire changer les choses durablement. »
Source : businessmarches.com