Les producteurs sont inquiets, depuis les épisodes de gel qui ont touché la France. Avec des pertes conséquentes voire totales pour certains secteurs, les consommateurs pourraient voir le prix des fruits s'envoler.
Josselin Saint-Raymond, directeur de l’Association nationale Pommes Poires affirme : « C’est un gel historique : tous les bassins de production ont été touchés. Les vergers protégés par aspersion donneront une récolte. Les vergers non protégés ont subi des dégâts variables pouvant aller jusqu’à la destruction totale ».
Si le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé samedi 10 avril que les agriculteurs bénéficieront d’« enveloppes exceptionnelles » pour faire face à la situation, le président des Jeunes agriculteurs, Samuel Vandaele, a déclaré au micro d'Europe 1, que « les fruits risquent d’être beaucoup plus rares, et de ce fait, beaucoup plus chers ».
Le ministère de l'Agriculture a affirmé que tous les bassins de production avaient été touchés. Les secteurs ne subissent toutefois pas les mêmes pertes. L'abricot par exemple a été particulièrement touché par la vague de froid, comme l'explique Bruno Darnaud, président de l’AOP Pêches et abricots de France : « Dans certaines zones 100 % de la production a été détruite. Les prix devraient remonter un peu, de quelques centimes d’euros, dans les prochains mois ».
Des dégâts considérables ont été constatés chez les arboriculteurs du Doubs, du Jura, et de la Haute-Saône : cerises, pommes, poires et fraises le gel survenu dans la nuit du 7 et 8 avril a dévasté les cultures. Julien Denormandie a déclaré la semaine dernière « Il y a énormément de détresse, énormément d'émotion. La situation est inédite, exceptionnelle, elle concerne à la fois la viticulture, à la fois l'arboriculture, à la fois les grandes cultures. La procédure de « calamité agricole » est donc lancée pour les professionnels.
Pour Didier Costille des Vergers de Rioz en Haute-Saône « C'est un peu tôt encore mais je peux vous dire que, en plus du gel, on a eu la neige sur 8-10 centimètres. Je ne sais pas ce qui a fait le plus de mal. Les cerises sont touchées à 90 %, les mirabelles sont foutues. Nos plus grandes surfaces, c'est la pomme et la poire, qui sont détruites à 80-90 %. C'est difficile à évaluer précisément mais sur un arbre, il y a 1 000 à 2 000 fleurs... il en reste quelques-unes. Mais vraiment pas beaucoup ».
Source : capital.fr / francetvinfo.fr