L'agitation règne dans le secteur belge de la pomme de terre en raison de la chute brutale du prix sur le marché libre. Jan Van Luchene, de Bruwier Potatoes, ne voit toutefois aucune raison de paniquer pour l'instant. « En janvier, j'ai été davantage surpris par l'augmentation rapide des prix. Contrairement à la saison dernière, il n'y a pas eu cette année de course effrénée à la pomme de terre. Des prix de 30 € les 100 kg m'ont paru assez extraordinaires en janvier, compte tenu de la récolte en Europe de l'Ouest. Ce que nous voyons aujourd'hui est peut-être tout simplement une correction de ce qui s'est passé deux mois plus tôt. À l'heure actuelle, le marché semble de nouveau plus stable. La demande n'est pas très forte, à l'image de l'offre. »
La baisse des prix va-t-elle durer encore longtemps ? « Tout est encore possible. A court terme, nous avons encore quatre mois devant nous et il y a encore des volumes libres. Toutefois, en Belgique, nous commençons déjà à observer un peu de sécheresse dans certaines régions. Si cela devait se poursuivre au cours du mois prochain, la situation pourrait s'inverser complètement. Pour moi, rien n'est encore joué. »
« La demande de l'industrie est un peu moins forte, car les ventes des producteurs de patates à frite se font de façon chaotique et que les stocks de produits finis ont tendance à augmenter. La concurrence sur le marché mondial est beaucoup plus forte qu'il y a cinq ans. En 2022, les prix des frites ont augmenté de manière exponentielle en raison de la hausse des coûts de l'énergie, de l'huile, de l'emballage... Depuis lors, le produit a continué d'être vendu à ces prix élevés et les transformateurs ont réalisé d'énormes bénéfices. Il suffit de regarder les chiffres annuels des uns et des autres. Bien sûr, de telles aubaines ne durent jamais, cela s'applique à n'importe quelle industrie. »
« Ces résultats ont attiré de nouveaux acteurs, avec plus de production et plus d'offre à la clé, ainsi que des prix plus bas. L'Europe et l'Amérique du Nord, autocrates il y a 5 ans, sont maintenant en concurrence dans certaines régions avec la Chine, la Turquie, l'Argentine, l'Égypte. Globalement, cela ne représente pas grand-chose en pourcentage, mais je pense que l'époque où l'Europe était autorisée et pouvait tout faire toute seule est révolue. C'est un processus qui va prendre du temps, bien sûr, mais la tendance est bel et bien engagée. Le fait que certains transformateurs d'Europe occidentale envisagent de se développer dans d'autres parties du monde le confirme. Je pense que le secteur des frites devra trouver un nouvel équilibre, car la concurrence mondiale est là pour durer. »
« La consommation continuera d'augmenter, cela ne fait aucun doute. Seulement, la capacité de traitement mondiale ne devrait pas croître plus vite qu'elle ! Quand je vois le type d'expansion prévu pour les prochaines années rien qu'en Europe occidentale, já i peur de la surproduction, qui sera néfaste voire insurmontable pour l'ensemble secteur. »
Qu'en est-il de l'année prochaine ? « Cette saison, une expansion des superficies est prévue et si la récolte est trop bonne, il pourrait être difficile d'obtenir de bons prix. L'ajustement ou l'annulation unilatérale de propositions et d'accords contractuels a déjà provoqué la panique alors que les plants de pommes de terre n'avaient même pas encore été livrés. Ne nous réjouissons pas trop vite, car si la superficie cultivée augmente de 12 % mais que le rendement est inférieur de 15 %, cela résultera toujours en un déficit. Sur le marché journalier depuis deux saisons, les volumes sont très faibles. Et pourtant, tout pourrait encore arriver. »
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